On a tous connu ce moment de solitude face à une feuille blanche quand l’orthographe décide de faire grève. Pour Gilles Couradet, ce moment a duré… toute son enfance. Animateur charismatique au Forum depuis deux ans, Gilles cache sous sa casquette de pédagogue une histoire que même les meilleurs scénaristes n’auraient pas osé inventer.
Le cancre, le vrai
Imaginez un petit garçon, gaucher, face à des instituteurs au bord de la crise de nerfs. Pour le jeune Gilles, écrire était une aventure créative où chaque mot possédait quatre ou cinq orthographes possibles, toutes plus inventives les unes que les autres. Ajoutez à cela des mathématiques aussi limpides qu’un brouillard londonien et vous obtenez la définition parfaite du « cancre » des années 70. Résultat ? Une valse interminable entre psys, orthophonistes et psychiatres, pour finir avec le diagnostic ultime : QI de 130.
Gilles n’était pas « nul », il était juste trop brillant pour le système.
La revanche du « coquillage »
Loin de se laisser enfermer dans la case « génie incompris », Gilles a trouvé sa sortie de secours : les planches. Grâce à une mère qui n’a jamais lâché le morceau, il découvre le théâtre. Le terrain de jeu devient son exutoire, et sa dyslexie, autrefois son pire ennemi, devient le terreau d’une autodérision décapante et créé sa propre logique sur le monde qui l’entoure.
C’est cette trajectoire fulgurante qu’il met en scène dans « L’enfant coquillage », une pièce autobiographique mise en scène par Mikhaël Piccone. C’est un seul en scène qui ne fait pas dans la dentelle : on y pleure, on y rit, et surtout, on y réfléchit.
Pourquoi c’est un spectacle « indispensable »
Ce que Gilles Couradet réussit, c’est ce tour de force rare : transformer une blessure d’enfance en une arme de création massive. En sortant de la salle, les spectateurs ne voient plus le « cancre » ou le « surdoué », ils voient un artiste qui a transformé son chaos intérieur en une performance d’une force génial.
Il est devenu, sans même le chercher, le porte-parole de tous ceux qui ont un jour essuyé un « peut mieux faire » en marge de leurs cahiers.
Le verdict : Ne passez pas à côté de la prochaine date. Vous en ressortirez avec une nouvelle perspective sur vos propres échecs, et la certitude que Gilles, lui, a enfin trouvé la bonne orthographe : celle du succès